L'ouvrage publié sous le label des "cahiers du Pré Nian" à la fin de l'année 1978, avec pour simple titre : Numéro Zéro, fut un porte-folio de sérigraphies, fruit de la collaboration de deux artistes nantais, Guy Boulay et Bertrand Bracaval.
Si l’atelier du premier était pourvu d'un équipement sérigraphique, celui du second s'est petit à petit doté de presses typographiques, de presses taille douce, une bête à cornes...
Les initiateurs n'imaginaient pas que leur premier essai serait suivi d'une quarantaine d'autres, s'échelonnant sur bientôt une cinquantaine d'années
Les éditions Le Pré Nian, aujourd'hui basées dans le village de Rétaud à Guenrouët, entre Rennes et Nantes, se sont ainsi dédiées à la création de livres d'artistes et d'estampes, la maison d’édition disposant d’un ensemble d’équipements lui permettant de réaliser des eaux-fortes, des gravures sur bois ou linoléum, ainsi que de composer et d’imprimer les textes à la main en toute autonomie. Cette maîtrise complète du processus permet un contrôle précis des effets recherchés.
On sait que les mouvements artistiques — et tout particulièrement les avant-gardes — naissent de la rencontre, des échanges et de la liberté des relations entre artistes, ainsi que de leurs « alliés substantiels », les poètes. Anaïs Nin soulignait que les artistes s’inspirent les uns des autres : ils constituent un terreau commun, se reconnaissent, se soutiennent, se confrontent et, ce faisant, s’incitent mutuellement à innover et à dépasser leurs propres limites.
Les micro-éditions de livres d’artistes deviennent ainsi de véritables lieux de rencontre. De proche en proche, les amitiés en appellent d’autres, et Le Pré Nian s’est progressivement enrichi de multiples connexions avec des auteurs issus d’horizons très divers : belge, écossais, hongrois, québécois, californien, chypriote et plus récemment camerounais…